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<rss version="2.0"><channel><title>Yl-blleh - Le Nycthéméron</title><link>http://yl-blleh.cowblog.fr</link><description></description><generator>Cowblog</generator><language>fr</language><lastBuildDate>Thu, 24 Sep 2009 00:17:27 +0200</lastBuildDate><ttl>180</ttl><item><guid>http://yl-blleh.cowblog.fr/jean-l-idiot-2865813.html</guid><title>Jean l'Idiot</title><description><![CDATA[Jean, il n'aime pas tellement ça, vivre.<br />
Mais ne sachant pas vraiment ce qu'il se trame derrière le voile qu'est la mort, il n'est pas vraiment disposé à franchir le pas.<br />
Alors, il tente de s'en approcher par petits pas. Parfois il ne mange pas pendant une semaine, parfois il arrête de dormir. Parfois il boit un peu trop, parfois il sniff plus que de raison. A défaut de goûter la mort, il flirte dangereusement avec la folie. Comme si, la vie elle-même, jouait de lui comme avec une petite marionnette. Elle lui fait miroiter de belles images, de futurs magnifiques souvenirs. Mais comme à chaque fois elle lui claque la porte au nez quand il porte son coeur au bout des doigts.<br />
Il s'échappe de ce marasme trop peu souvent pour ne pas être pessimiste. Qui pourrait lui en vouloir, hormis lui-même. <br />
Et plus il s'en veut, plus son tango délirant s'enflamme. Une vis sans fin qu'est sa vie.<br />
Il a déjà vu ce bout de métal, dans ses rêves. Il a même tenté de le chevaucher, l'idiot s'est chevauché lui-même sans s'en rendre compte.<br />
Il aurait pu y déceler un signe. Il s'est levé et est parti se faire un bon café.<br />
<br />
Parce qu'avant de sourire, il faut s'abreuver de liquide acide. Ainsi l'usine de mort peut tranquillement creuser la tombe.
<div style="text-align: center;"><em><br />
&quot;Je voudrai qu'une fois la seconde passée, vous m'enterriez dans mon corps&quot;</em></div>]]></description><category><![CDATA[Du mot]]></category><comments>http://yl-blleh.cowblog.fr/commentaires-2865813.html</comments><pubDate>Wed, 24 Jun 2009 00:52:00 +0200</pubDate><link>http://yl-blleh.cowblog.fr/jean-l-idiot-2865813.html</link></item><item><guid>http://yl-blleh.cowblog.fr/grain-de-sable-2864129.html</guid><title>Grain de sable.</title><description><![CDATA[Il fait nuit et Denis marche.<br />
Quelques traces blanches sur sa narine gauche laisse à penser qu'il aime la poudre de fée. Il marche la nuit, seul. Bien qu'il ne dorme qu'une partie de la journée, il ne se lève pas tant que la lune ne flotte pas, au-dessus du regard. Il habite Nice et marche chaque nuit le long de la mer. <br />
C'est étrange en apparence, pas pour lui. Il n'a pas peur, n'a pas de phobie sur le fait de marcher en plein jour. C'est dans sa tête, comme tout le reste. Sa vision du monde n'est pas plus altérée que celle d'un autre, elle est juste à lui. Il se couche quand la couronne solaire flirte avec l'horizon.<br />
Pour se réveiller, il prend un café et un rail de C. Comme certains prennent un café et une cigarette. Un mal par un autre, à quoi bon juger.<br />
Parfois, il se poudre un peu trop le nez et se retrouve à crier son extase les pieds dans l'eau. Mais qu'importe, il n'y a personne à importuner.<br />
Il y a peu, il a tenté de faire un pas alors que le soleil était encore brûlant. Ses jambes n'ont pas suivi, comme si trop habituées au coton nocturne elles ne pouvaient plus supporter l'instant éclairé.<br />
Sa vie, ou plutôt sa nuit n'est pas des plus passionnantes. Elle est celle qu'elle est, un interlude entre deux phases de sommeil. Denis s'en fout, il marche la nuit pour ne pas marcher le jour. Quand il fait aussi sombre, s'ennuyer n'est plus aussi terrifiant. <br />
Il fait nuit et Denis crie :
<div style="text-align: center;"><em><br />
J'emmerde la vie, la nuit.</em></div>]]></description><category><![CDATA[Du mot]]></category><comments>http://yl-blleh.cowblog.fr/commentaires-2864129.html</comments><pubDate>Sun, 21 Jun 2009 03:28:00 +0200</pubDate><link>http://yl-blleh.cowblog.fr/grain-de-sable-2864129.html</link></item><item><guid>http://yl-blleh.cowblog.fr/isn-t-it-love-2859110.html</guid><title>Isn't it love ?</title><description><![CDATA[<div style="text-align: left;"> <object height="340" width="560" style="margin-left: auto; margin-right: auto; display: block;">
<param value="http://www.youtube.com/v/bra1QoodK0s&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" name="movie" />
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<br />
C'est comme une feuille qui se soulève au rythme de la brise.<br />
Non, c'est comme se prendre une lame dans les entrailles.</div>
Non, c'est comme laisser glisser du sable entre ses doigts.<br />
Non, c'est comme se retourner les ongles, les uns après les autres.<br />
Non, c'est comme une vibration dans l'air qui t'enveloppe.<br />
Non, c'est comme une brusque envie de gerber.<br />
Non, c'est comme prendre un bain de nuages.<br />
Non, c'est comme s'arracher les cheveux, tous.<br />
Non, c'est comme respirer.<br />
Non, c'est comme vivre.<br />
Non, c'est comme rêver, vivre et respirer.<br />
<strong><br />
C'est tellement tout, tellement rien qu'ils en font n'importe quoi, les humains.</strong><br />
Regarde un peu la télé, vomi :<em><br />
</em><br />
-Vas-y Pierre, dis-lui !<em><br />
<br />
</em>
<div style="text-align: center;"><em>-Monique je t'aime tellement !<br />
-Oh Pierre, on ne m'a jamais vomi rien d'aussi beau, donc, je t'aime !</em></div>
<div style="text-align: left;"><br />
-Putain, Michelle ! Baisse le son.<br />
-Non, non ! Attend, c'est le moment crucial.<br />
-Va chier la niaise.<br />
 </div>]]></description><category><![CDATA[Du moi]]></category><comments>http://yl-blleh.cowblog.fr/commentaires-2859110.html</comments><pubDate>Thu, 11 Jun 2009 23:57:00 +0200</pubDate><link>http://yl-blleh.cowblog.fr/isn-t-it-love-2859110.html</link></item><item><guid>http://yl-blleh.cowblog.fr/suicide-meutrier-2856650.html</guid><title>Suicide meutrier</title><description><![CDATA[Sages souriants, je vous salue !<br />
Je m'adresse à vous, dans l'immense espoir que vous puissiez satisfaire ma requête.<br />
Voyez-vous depuis quelques temps, de nouveaux voisins se sont installés dans ma rue.<br />
Je n'y vois là aucun inconvénient, bien au contraire, voir notre société s'élargir est une source de grande satisfaction pour moi.<br />
Cependant, ceux-ci (pour ne pas les nommer &quot;galériens&quot;) sont d'un genre plutôt à part.<br />
Ils semblent rejeter tous nos préceptes du bonheur, affichant ostensiblement leur mépris du  fluide vitale : l'heureusité.<br />
Si encore ils ne se faisaient pas remarquer, je n'y verrai là qu'un soubresaut d'une mélancolie chronique, mais ces gens-là osent tout !<br />
Hier encore, j'en ai croisé deux ! Aucun sourire, ils tirent lamentablement la tronche. Pas un salut, ni signe de main et encore moins un regard. Des âmes en peine.<br />
Par peur de vivre en enfer une fois la porte du caveau franchie, nous avons instauré notre propre paradis ; si j'ai suivi ce mouvement révolutionnaire chrétien, ce n'est pas pour croiser dans mon quotidien ces espèces de légumes totalement dénués de joie pure.<br />
Vous comprendrez alors que mon principal soucis est le bien-être de notre communauté, c'est pourquoi je tiens personnellement à vous aider quant à la résolution de ce problème.<br />
Je vous propose de les faire enfermer en centre de réadaptation au bonheur le temps d'une totale rémission. Il s'agit là d'une requête officielle d'internement, je vous demande donc, selon nos lois en vigueur, de satisfaire ma demande.<br />
<div style="text-align: center;"><br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<span style="color: rgb(128, 0, 0);"><span style="background-color: rgb(128, 0, 0);"><br />
</span>[Accordé]<br />
</span></div>
<div style="text-align: left;"><em><br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<strong>Pascal</strong> : &quot; Tous les hommes recherchent d'être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu'ils y emploient [...] jusqu'à ceux qui vont se pendre. &quot;<br />
<br />
<strong>Schopenhauer</strong> : &quot; La vie [...] oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui : ce sont là les deux éléments dont elle est faite en somme. &quot;<br />
<br />
</em></div>
<br />
<br />]]></description><category><![CDATA[Du mot]]></category><comments>http://yl-blleh.cowblog.fr/commentaires-2856650.html</comments><pubDate>Sat, 06 Jun 2009 14:33:00 +0200</pubDate><link>http://yl-blleh.cowblog.fr/suicide-meutrier-2856650.html</link></item><item><guid>http://yl-blleh.cowblog.fr/l-erreur-d-aimer-2845160.html</guid><title>L'erreur d'aimer</title><description><![CDATA[<div style="text-align: right;">-George, c'est quoi ça ?!</div>
<br />
-Je ne sais pas, une erreur est survenue dans le système de conservation mental ! <br />
<div style="text-align: center;">attend, tais-toi Jérem's. Ecoute, l'un d'eux parle.</div>
<br />
<br />
-<em>Je veux pouvoir glisser mes doigts le long de son avant-bras, effleurer sa main enfin. Le laisser serrer la mienne, pouvoir sentir sa force et sa tendresse, ressentir à quel point il tient à moi. Comment ai-je pu en arriver là ? <br />
Personne ne m'entend, de toutes manières personne ne le pourrait puisque je ne parle plus depuis des années, depuis que je suis dans cette cuve pleine de liquide visqueux.<br />
Je veux continuer à serrer ses mains viriles, me balancer vers l'avant, vers ses lèvres. Juste l'embrasser avant de repartir, ou au reveil, ou après l'amour et même pendant ! Je voudrais l'embrasser à chaque instant où tout est plus puissant.<br />
Lui serrer les mains pour me rassurer de sa présence et gouter ses lèvres pour sentir à quel point il tient à moi. De plus en plus fort. De plus en plus fort. De plus fort plus en. De fort plus en fort. De fort. De plus....de.....<br />
</em><br />
-<strong>C'est bon Geo', j'ai réparé.</strong><br />
<br />
-Je m'en doute, on entend plus rien, dit Jérémie.<br />
<br />
<img src="http://yl-blleh.cowblog.fr/images/annavarney.jpg" alt="http://yl-blleh.cowblog.fr/images/annavarney.jpg" style="margin-left: auto; margin-right: auto; display: block;" /><br />
<br />
<br />
-Il a dit quoi le vieux ? demande George.<br />
<br />
-Vieilles palabres inutiles d'un vieux pédéraste. Perte de temps.<br />]]></description><category><![CDATA[Du mot]]></category><comments>http://yl-blleh.cowblog.fr/commentaires-2845160.html</comments><pubDate>Mon, 18 May 2009 02:44:00 +0200</pubDate><link>http://yl-blleh.cowblog.fr/l-erreur-d-aimer-2845160.html</link></item><item><guid>http://yl-blleh.cowblog.fr/les-autres-2836149.html</guid><title>Les autres</title><description><![CDATA[<object height="300" width="400" style="margin-left: auto; margin-right: auto; display: block;">
<param value="http://www.youtube.com/watch?v=ZtIeH_J-SiI" name="movie" />
<param value="false" name="allowFullScreen" />
<param value="always" name="allowScriptAccess" /><embed height="300" width="400" allowscriptaccess="always" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/watch?v=ZtIeH_J-SiI" style="margin-left: auto; margin-right: auto; display: block;"></embed></object><br />
<br />
<br />
A chaque pas, je murmure davantage. Mes pieds nus me font souffrir. Le soleil brule mon visage. Mes lèvres sont sèches.<br />
J'avance, guidé par le rythme des chaines. Je ne regrette rien. Je ne refuse pas même la seconde étrange et fatale qui m'attend. Ne pas l'accepter c'est renier le contrat que j'ai signé en poussant mon premier cri. <br />
Je les observe, tous. Les condamnés et les bourreaux, les spectateurs et les anges.<br />
Mes poignets sont sanglants, boursoufflés par le métal rouillé.<br />
Je ne refuse rien mais je ne peux m'empêcher d'avoir peur, peut-être parce que je suis encore vivant.<br />
Je murmure cette comptine. Celle que ma mère me murmurait avant, les soirs d'orages et de pillages. <br />
Avant que je n'entonne le refrain, je reçois un violent coup sur la tête. Je sens mes os se fendre. Mais même douloureux et désorienté, je reprend la mélodie. Je me prépare à recevoir une dernière brutalité quand j'entends derrière moi, une voix rocailleuse se mettre à chanter avec moi.<br />
Ainsi, sujets de mes observations, ils deviennent acteurs de ma vie.
<div style="text-align: right;"><a href="http://www.youtube.com/watch?v=ZtIeH_J-SiI"><strong>[Les autres.]</strong></a></div>
<br />
<br />
Nous voila enfin sur l'estrade. <br />
<br />
Le choeur des condamnés crée une nappe grave et empreinte de vigueur. <br />
<br />
La corde rêche et rougie écorche la peau de mon cou.<br />
Maintenant que je sais les autres présents, je n'ai plus vraiment peur.<br />
Etait-ce ceci la raison de ma peur ? La solitude ? J'aurai dû attendre la fin de mon temps pour le découvrir.<br />
Je ne refu... <br />
<br />
[...]<br />
<em><br />
</em>
<div style="text-align: center;"><em>Clameur de la foule.</em></div>]]></description><comments>http://yl-blleh.cowblog.fr/commentaires-2836149.html</comments><pubDate>Mon, 04 May 2009 01:32:00 +0200</pubDate><link>http://yl-blleh.cowblog.fr/les-autres-2836149.html</link></item><item><guid>http://yl-blleh.cowblog.fr/carte-vierge-2832416.html</guid><title>Carte Vierge</title><description><![CDATA[-Bonjour, pourriez-vous m'aider ? Je suis un peu perdu.<br />
<br />
La jeune femme, tout en finissant d'allumer sa cigarette, rapproche son sac à main de son buste. Elle me regarde de bas en haut et me dit enfin :<br />
<br />
-Vous souhaitez aller où ?<br />
<br />
-Je ne sais pas vraiment...voir un truc beau de préférence ! <br />
<br />
Son visage se détend enfin et j'aperçois l'ombre d'un sourire. Son regard semble se perdre dans ses souvenirs, le mien attend avidement sa réponse.<br />
<br />
-Il y a, dans cette direction, une jardin superbe. J'y vais souvent pour me détendre après le travail. Je m'assoie sur un banc, observe les gens passer, vivre. Je regarde les enfants jouer sur la plateforme de jeu. En ce moment, les arbres sont feuillus, les fleurs colorées et les gens plutôt souriants. Oui, je pense sincèrement que c'est un &quot;truc&quot; beau à voir, conclue-t-elle.<br />
<br />
J'imagine déjà la scène. Entrain de voir. De vivre pendant quelques longs instants à travers toutes ces personnes. A imaginer leur possible vie. Ce puzzle organique qu'est notre monde humain.<br />
<br />
-Y serai-je moins perdu ? dit-je avec angoisse.<br />
<br />
-Moins perdu ? Je ne sais pas. Tant que vous y serez, vous n'ignorerez pas où vous serez. <br />
<br />
Un peu déçu mais grisé par la pertinence de sa réflexion je lui demande :<br />
<br />
-Puis-je vous embrasser ?<br />
<br />
-Je....non. Ecoutez, vous n'êtes pas le seul à être perdu sur cette Terre.<br />
<br />
Le visage pourpre, elle s'en va. J'ai l'impression d'avoir perdu quelqu'un d'important. Une sensation étrange.<br />
Un bras m'effleure, je tourne ma tête pour observer son propriétaire. Un homme brun pressé.<br />
Je le suis et l'accoste enfin :<br />
<br />
-Bonjour, pourriez-vous m'aider ? Je suis un peu perdu.<br />
<br />]]></description><category><![CDATA[Du mot]]></category><comments>http://yl-blleh.cowblog.fr/commentaires-2832416.html</comments><pubDate>Mon, 27 Apr 2009 19:18:00 +0200</pubDate><link>http://yl-blleh.cowblog.fr/carte-vierge-2832416.html</link></item><item><guid>http://yl-blleh.cowblog.fr/la-vieille-et-l-ecorce-2830205.html</guid><title>La vieille et l'écorce</title><description><![CDATA[<br />
<img src="http://yl-blleh.cowblog.fr/images/tassethedubuffet.jpg" alt="http://yl-blleh.cowblog.fr/images/tassethedubuffet.jpg" style="margin-left: auto; margin-right: auto; display: block;" /><br />
<br />
La vieille maison est silence. Un silence emprunt de doux craquements. Un silence silencieux seulement pour ceux qui ont déjà tout entendu. <br />
La vieille dame est silence. Un silence emprunt de paisibles ronflements. Un silence silencieux seulement pour ceux qui l'aiment.<br />
Giselle, même quand elle dort elle a ses mains posées sur ses oreilles. Les gens viennent chez elle, elle est guérisseuse. On lui demande souvent pour ses mains. Elle ne répond jamais. Elle seule le sait.<br />
<br />
Alors en pleine rêverie, la porte se met à tonner royalement. Habitué à ses pauses oniriques intempestives, elle se lève sans sourciller. Le temps qu'elle parvienne à la poignée, on frappe de plus en plus fort. Les gonds commencent à gémir. <br />
Elle ouvre enfin et se retrouve plongée dans l'ombre, bien que le soleil soit radieux au dehors. Elle lève les yeux pour tenter de mieux cerner qui vient la voir. <br />
Un homme, énorme. Peut-être deux mètres de hauteur pour plus de cent kilos. Le visage très sombre.<br />
Giselle, elle mesure moins d'un mètre cinquante et ne pèse que quelques sacs de plumes. <br />
<br />
-J'ai un problème, m'dame. Ma mère m'a conseill...<br />
<br />
La petite dame l'interrompt en lui frappant le ventre, elle range quelque chose dans ses cheveux puis lui prend tendrement la main et l'entraine à l'intérieur. Son autre main est toujours contre son oreille. Le géant doit se courber pour passer le cadre de la porte. Il doit même rester courbé pendant qu'elle lui fait traverser la maison.<br />
Arrivés dans la cour arrière, le géant hausse les sourcils et la vieille dame soupire. <br />
Face à eux, un arbre. Très vieux, torturé par le temps et d'autres forces intestines. Tout autour la terre est aride, semblant appeler la mort.<br />
Ne sachant pas quoi faire, il commence à lui donner la raison de sa venue :<br />
<br />
-Voila.....heu....bah ma femme est partie et....heu. J'aime pas. Enfin....vous voyez, ça....heu....fait mal, lui murmure-t-il.<br />
<br />
Giselle baisse les yeux, lâche la main du géant et se met fouiller la poussière au sol. Elle soupire un grand coup puis l'entraine en direction de l'arbre.<br />
Elle pose ses deux mains sur le tronc et se met à respirer très fort. Elle murmure des mots étranges et le géant écarquille de plus en plus les yeux devant cette étrange scène. Ses mains deviennent blanches tellement la vieille serre fort le tronc. Du sang commence même à suinter du bout de ses doigts, mais celui-ci ne semble pas venir d'elle. C'est l'arbre, sous la pression, sa sève coule. Elle est couleur sang, peut-être même est-elle du sang. <br />
Elle s'approche de l'homme et lui fait de se baisser. Elle pose sur son visage des gouttes de cette liqueur rougeâtre et dépose un baiser sur son front.<br />
L'instant se fige.<br />
<br />
Elle remet vivement ses mains contre ses oreilles et lui fait signe de le suivre, à nouveau.<br />
Ils retraversent la vieille maison, vide de meubles hormis une vieux siège usé situé près de la porte d'entrée.<br />
Elle lui montre la poignée d'un coup de tête.<br />
<br />
-Bon....j'vous dois quoi ? de l'argent ? de la bouffe ?<br />
<br />
Elle le regarde intensément puis baisse les yeux. Elle penche de nouveau sa tête en direction de la poignée et l'agite vivement.<br />
<br />
-Bon, bon....au revoir m'dame. Heu....merci.<br />
<br />
La porte se referme, Giselle enlève une de ses mains de sa tête et guette. Elle sourit faiblement et murmure :<br />
<br />
-Le silence.<br />
<br />
Pas après pas, elle se dirige vers son fauteuil, les bras ballants.<br />]]></description><category><![CDATA[Du mot]]></category><comments>http://yl-blleh.cowblog.fr/commentaires-2830205.html</comments><pubDate>Fri, 24 Apr 2009 01:30:00 +0200</pubDate><link>http://yl-blleh.cowblog.fr/la-vieille-et-l-ecorce-2830205.html</link></item><item><guid>http://yl-blleh.cowblog.fr/c-est-comme-un-reve-2829939.html</guid><title>C'est comme un rêve</title><description><![CDATA[-T'as fini de préparer la chambre ?<br />
<br />
-Oui, bientôt. Il ne me manque que les draps et ce sera parfait ! me dit-elle en souriant.<br />
<br />
Alors que j'allais lui demander d'aller acheter davantage de pain pour le diner, une mobylette passa à vive allure dans la rue. Le conducteur n'était habillé que d'un simple caleçon. De sa main droite, il tenait une arme à feu. Les nombreuses personnes présentes dans mon jardin ne l'aperçurent pas, trop impliquées dans leurs discussions. <br />
<br />
-Tu l'as vu ?<br />
<br />
-Vu quoi ? me répondit Julie.<br />
<br />
-Bah...non rien. Je crois que depuis notre dernière soirée, je suis resté un peu perché. Je ne sais même plus ce que j'ai gobé...<br />
<br />
J'entendis encore le bruit du deux-roues et cette fois-ci je ne fus pas le seul à le voir. Il passa beaucoup plus lentement et s'arrêta brusquement au niveau de mon portail. Il jeta son engin sur le bitume et entra en trombe dans le jardin, arme au poing. <br />
<em><br />
Le temps semble toujours ralentir en de tels moments, peut-être s'amuse-t-il à élargir les secondes pour que l'on puisse souffrir encore davantage</em>.<br />
<br />
Il tira une première fois. Pierre s'effondra sur le sol. Puis s'ensuivit un nombre indéfini de coups de feu. Mes amis s'effondrèrent les uns après les autres dans une sorte de ballet onirique. Le sang, mais aucun bruit, hormis celui de l'arme. Il reparti et disparu. <br />
<br />
Pendant cette éternité de moins de dix secondes, je n'ai eu le temps que de faire quelques pas. Quelques pas et tout changea. <br />
Il me fallut une heure pour arriver jusqu'au nouveau cimetière qu'était devenu mon jardin. J'entendais cette musique, dans ma tête. En boucle.<br />
Je m'assis au milieu des corps, dans le sang et les mains inertes. Mes lèvres épousaient chacun des mots de la chanson. De mes mains je traçais des arabesques dans le liquide visqueux  encore tiède. <br />
Cela dura, me semble-t-il, des jours, des années jusqu'à ce que Julie s'accroupisse face à moi, le visage blême et magnifique. <br />
<br />
<object height="344" width="425" style="margin-left: auto; margin-right: auto; display: block;">
<param value="http://www.youtube.com/v/5NbnD4EMKcA&amp;hl=fr&amp;fs=1" name="movie" />
<param value="true" name="allowFullScreen" />
<param value="always" name="allowscriptaccess" /><embed height="344" width="425" allowscriptaccess="always" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/5NbnD4EMKcA&amp;hl=fr&amp;fs=1" style="margin-left: auto; margin-right: auto; display: block;"></embed></object><br />
<br />
Quand enfin, la chanson s'arrêta, je pus lui murmurer l'ombre de mes pensées :<br />
<br />
-C'est comme un rêve.<br />]]></description><comments>http://yl-blleh.cowblog.fr/commentaires-2829939.html</comments><pubDate>Thu, 23 Apr 2009 17:25:00 +0200</pubDate><link>http://yl-blleh.cowblog.fr/c-est-comme-un-reve-2829939.html</link></item><item><guid>http://yl-blleh.cowblog.fr/i-need-fangs-2825415.html</guid><title>I need fangs</title><description><![CDATA[<img src="http://yl-blleh.cowblog.fr/images/img095.jpg" alt="http://yl-blleh.cowblog.fr/images/img095.jpg" style="margin-left: auto; margin-right: auto; display: block;" /><br />
Les couleurs sont vives, intenses. De la [<a href="http://www.deezer.com/track/2852822"><strong>musique]</strong></a> résonne tout autours de nous. Tout bouge. Les gens, les murs, les mains et les joints. Nos tripes vibrent au rythme des basses. Ils m'enlacent et m'embrassent, dans une chaine sans fin. Il n'y a plus une multitude de personnes, plus d'individualités. Tous sont fondus dans un même mouvement. Désordonné et rythmé. Les corps sont serrés, tendent à l'union parfaite des chairs. Tout s'accélère, mon visage devient douloureux à force d'arborer ce sourire. Impossible, incontrôlable. Mes jambes vont de plus en plus vite. J'ai l'impression d'être partout et nul part. D'être moi et les autres. Autours de mon cou, un collier de pills. Des bleus, des jaunes et des roses. Ils viennent, se jettent sur ma gorge. Je sens leurs dents, leurs lèvres et leur langue effleurer ma peau. Je frissonne de plaisir, mes sens s'emmêlent et se démêlent. Cela fait peut-être des heures. Qu'importe. Les flashs, les basses. Putain, c'est bon.<br />
<br />]]></description><comments>http://yl-blleh.cowblog.fr/commentaires-2825415.html</comments><pubDate>Tue, 14 Apr 2009 15:56:00 +0200</pubDate><link>http://yl-blleh.cowblog.fr/i-need-fangs-2825415.html</link></item></channel></rss>